Machete
Machete.
Sortie le 3 Novembre 2010

Réalisé par Robert Rodriguez, Ethan Maniquis
Avec Danny Trejo, Michelle Rodriguez, Jessica Alba
Machete, un agent fédéral mexicain, part en mission pour arrêter le terrible Baron de la drogue Torrez mais tombe dans un piège: sa femme et sa fille sont assassinées sous ses yeux et il est laisser pour mort. Trois ans plus tard, devenu clandestin au Texas, il est contacté par un homme qui lui offre 150.000 dollars pour tué un sénateur violemment opposé à l’immigration mexicaine. C’est le début d’un nouveau bain de sang.
Trop souvent relégué au second plan derrière son ami de toujours Quentin Tarantino, Robert Rodriguez n’en continu pas moins de calmer son amour pour un certain cinéma de genre et à imposer, mine de rien, son propre univers de film en film, celui d’une sorte de vision mexicaine des séries B américaines des années 70 et 80. Il s’attaque ici, avec un bonheur inégalé depuis trop longtemps, au film de vengeance musclée avec un héros qui l’est tout autant, comme Schwarzenegger les a si bien incarnés. Mais avec suffisamment de décontraction, de second et de premier degré assumer pour rapprocher Machete de commando, plutôt que du contrat. Le personnage-titre porte entièrement le film sur son dos, de même que son sobriquet le décrit de manière lapidaire autant qu’incisive : un individu qui tue à l’aide d’une arme blanche surdimensionnée, symbole évidement phallique et une fois de plus assumé dès les premières images. C’est la fierté mexicaine qui parle ici, l’envie de marquer sa différence avec les gringos qui veulent les voir rester sagement derrière la frontière, sauf quand ils ont besoin d’eux « pour sortir les ordures », ce que fera avec plaisir le bonhomme Machete une heure quarante cinq durant !!!
Ce qui est agréable avec Machete, c’est que le film brandit à chaque plan a une pancarte « touche pas a mon pote » fustigeant les nauséabondes dérives sécuritaire et nationalistes, pointant du doigt la corruption et la mainmise d’une partie des autorités sur une justice ainsi rendu injuste, saluant le courage des associations déshéritées venant en aide à plus misérables qu’elles sans jamais se fendre d’un discourt poussif, d’une envolée sirupeuse ou d’un plan malhabile. Au contraire, le métrage use et abuse de l’exagération, de la caricature et du clin d’œil pour faire passer d’avantage de message que nombre de film considérés comme « sérieux » ou plus directement engagés. À tort, d’ailleurs, car la bêtise et crétinisme affichés ici le sont en toute connaissance de cause, et dans un seul but : divertir. But atteint sans coup férir, car il est effectivement bien difficile de ne pas sourire, voir éclater de rire devant ces images témoignant de la volonté assumée de fabriquer un revival des « actionnaires » des 80’s, rappelant pour l’occasion l’une des figures du genre, Steven Seagal, en grande forme et réhabilité après avoir sombré profondément dans ce que le genre fait de moins recommandable, à l’image de David Carradine béatifié par Tarantino dan Kill Bill. Incarnant, pour la première fois dans sa carrière, un méchant et passant de l’autre côté de la frontière, Seagal trouve peut être ici son « Terminator » ce rôle lui permettant d’imposer une vrai présence à l écran…
Bande D'annonce Français
Interview
Robert De Niro quant à lui, en politicien raciste et affairiste, manipulateur d’opinion et de vérité, parvient à camper un personnage savoureux sans sombrer dans le cabotinage ou la sinistre caricature, à des lieues de sa triste prestation dans Mafia Blues 2. S’amusant visiblement comme un gamin au milieux de cette bande turbulente, le voila doté d’une seconde jeunesse, entouré qu’il de quelques magnifiques créatures, la lisse Lindsay Lohan bien sûr, mais surtout Jessica Alba ( qui retrouve Rodriguez après Sin City ), et Michelle Rodriguez, laquelle n’aura jamais été aussi belle.
Mais la véritable révélation du film reste Danny Trejo, véritable gueule du cinéma américain, habitué au second rôle dans des films pour la plupart devenues culte d’une des filmographie les plus politiques de ces dernières années, généralement dans des rôle « naturels » de criminel violent, crédité au générique comme « prisonnier n°2 » ou « le mexicain ».
C’est Robert Rodriguez qui sera parmi les premier à lui un personnage doté d’un nom, celui de Navajas dans Desperado. Il enchainera avec l’extraordinaire Heat de Michel Mann, puis une nuit en enfer, de Rodriguez encore. Le réalisateur rêvait de lui offrir un premier rôle et c’est chose faite avec Machete qui impose l’acteur comme une force de la nature, Hercule marmoréen dans les veine comique de Schwarz, sachant parfaitement jouer de son inexpressivité pour en faire un véritable atout, mais remplacent la froideur mécanique de la machine teutonne par une séduction musquée, venant tout droit d’Amérique du Sud.
Machete est un véritable délectation, et non pas un pop corn movie aussi vite oublié qu’avalé, mais une roborative platée de plaisir cinématographique de genre, mais trop rare en ces temps de productions normalisées et industrialisées et que seul, peut-être, Robert Rodriguez est capable de nous offrir en alliant son talent, ses référence et ses moyens techniques, qui en font un véritable franc-tireur de cinéma de genre a Hollywood.
Sortie au cinema le 3 Novembre 2010.

