Buried
Buried

Sortie cinéma
le 3 novembre 2010.
Réalisé par Rodrigo Cortés
Avec Ryan Reynolds, Robert Paterson, José Luis García Pérez,
Se réveillant dans un cercueil, Paul Conroy comprend qu’il est enterré dans le désert irakien, victime d’un enlèvement crapuleux : il a deux heure pour obtenir 5 millions de dollars ou mourir enterré. Seul un téléphone le relie au reste du monde.
Avec Buried, on est présence d’un film à pitch, d’un pur exercice de style tentant de relever un paris fou : tenir en haleine les spectateurs une heure et demie durant sans jamais quitter le cadre très réduit d’un cercueil. Pour éteindre ce but, le scénario et la réalisation s’associent afin de créer un ambiance bien évidement claustrophobe, renforcée par la course contre la mort ( l’oxygène ce fait rare) et les menaces évidentes du terroriste ( dont les injonctions ce font de plus en plus précises et violentes). L’intrigue aborde le très délicat sujet d’enlèvements dans les pays en guerre, que ce soit au Moyen-Orient ou en Amérique Latine, où les victimes - généralement innocentes et puisées au cœur de volontaire œuvrant pour le bien du pays ou en simple employés, proies facile car sans armes ni entrainement - se transforment en marchandises mises sur le marché des rançons, leur vie ne tenant qu’au fil ténu du bon vouloir des autorités qui préfèrent généralement ne pas ébruiter l’affaire, et réduire le plus possible le recours au paiement de la rançons. Hélas, le film rate totalement sa cible: non seulement il ne fait aucunement la lumière sur une réalité difficile (les états paient-ils ou non les rançons?), mais montre en plus les autorités américaines prêtes à agir en moins de deux heures à l’autre bout du monde pour sauver l’un de leurs ressortissants. Peu crédible.
bande d'annonce Iterview
Ne reste plus alors que la réalisation, qui respecte effectivement sa contrainte: ne pas quitter le cadre réduit de ce cercueil en bois. La belle affaire! Cela ne fait pas un film, et si le principe s’accorderai parfaitement à l’univers du court-métrage, son étirement infini dans le carde d’un long s’impose à l’esprit du spectateur qui en oublierait presque le calvaire du héros pour ne plus voir que les contraintes artificielles que s’impose le réalisateur, tournant le dos à des trucs habituels (flash-back, plan de coupe, vue de l’interlocuteur…) pour en utiliser d’autres, notamment lors des séquences finales qui, là encore, rappellent les astuces, amusantes pour un court, très décevantes pour un long. Malgré un principe tenu de bout en bout, un acteur habitué et une réalisation sans faute, Buried s’enlise dans ce désert de sable, et s’avère au bout du compte parfaitement vain.

